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L’œuf de Colomb: les poules s’occupent du désherbage

Kees van Iersel veut élever des poules en espérant qu’elles s’occuperont du désherbage de la pépinière. Cela lui permettra de faire des économies, parce que les frais pour l’arrachage des mauvaises herbes dans la pépinière de 160ha sont assez élevés. Le projet est un bel exemple d’un regroupement utile de diverses activités agricoles.

Une innovation classique : les poules qui gargouillent au pied des arbres. “Il y a 100 ans, on voyait du basse-cour partout à la campagne”, explique le pépiniériste Kees van Iersel du village d’Udenhout aux Pays-Bas. “Dans un premier temps pour avoir des œufs frais, mais ces animaux s’occupent en même temps du désherbage! L’idée vient de là.”. Ce qui rend le projet innovant est l’ampleur. Van Iersel vient de lancer un test sur 1ha de la pépinière. Si les résultats sont positifs au bout d’un an, il veut agrandir jusqu’à 40.000 poules sur 160ha.

L’histoire des œufs
Si le projet marche comme on veut, nos dépenses au niveau du désherbage seront réduites de quelques milliers d’euros, estime Van Iersel. Le désherbage est indispensable pour la pépinière, mais cela nous coûte beaucoup d’énergie, de main d’œuvre et de pesticides chimiques. L’idée est de vendre les œufs sur le marché biologique. C’est que les poules de Marans françaises que Van Iersel souhaiterait avoir, produisent des œufs délicieux avec une belle coquille brune extraordinaire. D’après lui, ces œufs sont assez spéciaux. “Il n’est pas nécessaire de gagner beaucoup d’argent avec ce projet. Si la vente des œufs couvre les frais pour l’achat, le logement et la table des poules, je suis satisfait !”.

Le test
On prévoit pourtant pas mal de problèmes. Il y a les ennemis naturels de la région, comme les renards, buses et faucons. “On a pensé à un drone afin de chasser les rapaces, mais le problème c’est que nous avons plusieurs parcelles. On verra comment ça va. Nous avons commencé notre test il y a 15 jours et on n’a pas eu de calamités jusqu’à maintenant”, dit Van Iersel. Le projet doit aussi être acceptable quant à l’écologie. Les engrais de poules en grandes quantités sont mauvais pour le sol. Pour cette raison, l’institut Louis Bolk vérifie le projet. “Bien évidemment, nous souhaitons faire effectuer une analyse, mais je ne me fais pas de soucis à ce niveau-là”, dit Van Iersel. “Le projet est trop extensif. Une poule par 40m2 suffit; c’est 10 fois l’espace dont dispose une poule fermière!”

Si, l’année prochaine, nous avons une meilleure idée de ce qui est possible, nous souhaitons considérablement élargir le projet.

Anco Sneep de l’équipe FoodUp! Brabant de la province du Brabant du Nord aux Pays-Bas supporte cette initiative. “C’est positif et nécessaire, parce qu’il n’y a pas encore de règles pour l’élevage de poules pondeuses à petite échelle. La pépinière a par exemple reçu un coup de fil d’une exploitation de poules de la région, parce qu’ils se faisaient des soucis par rapport à la grippe aviaire. “Oui, l’encagement de 30.000 poules à la pépinière serait compliqué”, dit Van Iersel. “Mais nous avons des cages mobiles, donc les possibilités sont là”.

L’agrandissement
Les poules employées pour le désherbage d’une pépinière, cela vaut le coup. Moins de pesticides, une réduction des frais en général, un produit régional supplémentaire, une belle histoire, ainsi qu’une image traditionnelle et écologique. “Je regarde toujours autour de moi, j’essaie sans cesse d’améliorer des processus, d’optimiser”, dit Van Iersel. “Ce projet correspond parfaitement à cette mentalité. Si, l’année prochaine, nous avons une meilleure idée de ce qui est possible, nous souhaitons considérablement élargir le projet. Et je ne vois pas pourquoi cela ne serait pas possible!”.

Source: FoodUp Brabant

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